Pays basque : « C’est d’la bombe », les nouvelles aventures en bande dessinée de Manzana et Patxaran

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VIDÉO – Après un premier tome paru en décembre 2013, le dessinateur Pierre George et le scénariste Jean-Yves Viollier publient ce mois-ci une seconde BD mettant en scène le duo basque. Source : sudouest.fr

Après la publication en 2013 d’une première BD intitulée « Les aventures de Manzana et Patxaran », Pierre George (dessinateur) et Jean-Yves Viollier (scénariste), duo de Basques d’adoption, l’un Bayonnais, l’autre Biarrot, signent un second volet ce mois-ci, toujours aux éditions Atlantica.

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La Grande Guerre, Bayonne et le Pays Basque

La Grande Guerre, Bayonne et le Pays Basque
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Le rôle de Bayonne et du Pays Basque dans la Grande Guerre est méconnu. L’exposition organisée au Musée Basque de Bayonne apporte pour la première fois un éclairage sur les liens tissés entre ces terres paisibles, si éloignées du théâtre des batailles, et… l’enfer des tranchées. Devenue base-arrière des combats, Bayonne et sa région assumèrent l’effort de guerre, tant par le sacrifice des hommes au Champ d’honneur que par la mobilisation civile pour secourir les blessés et les populations martyres du front. Source : aquitaineonline.com

Ville de mobilisation, Bayonne voit passer devant ses conseils de révision les hommes en âge de combattre. De jeunes volontaires s’y reprennent plusieurs fois pour être jugés aptes. C’est le cas du futur héros de l’aviation Georges Guynemer qui n’est accepté que la troisième fois. Au déclenchement de la première guerre mondiale, les associations tchèques de Paris décident que tous les membres aptes au service militaire s’engageraient dans l’armée française. Le 22 août 1914 un premier groupe de 300 volontaires tchèques est accepté par les conseils de révision et part pour Bayonne avec d’autres volontaires étrangers (Polonais, Espagnols, Suisses, etc.) pour être incorporé dans les unités du régiment de marche de la Légion étrangère en cours de formation.

Les Tchèques constituent une compagnie indépendante appelée « Compagnie Nazdar » qui reçoit son fanion aux armes de Bohême des mains des dames de Bayonne qui l’ont brodé. Le départ des différents régiments depuis la gare de Bayonne, ville de garnison, et les lettres envoyées du front à leurs familles par les soldats des régiments en garnison à Bayonne (le 49e parmi d’autres) ponctuent l’actualité. Les mois d’août et de septembre 1914 sont cruels : les pertes humaines sur le front sont considérables et endeuillent les familles : parmi d’autres, la famille Diharce de Bayonne perd en août deux fils et le troisième est fait prisonnier.

Les artistes du Pays Basque sont enrôlés dans la guerre et plusieurs y sont tués : le Navarrais Antoine d’Irumberry de Salaberry en décembre 1915 et le Luzien Gabriel Deluc en septembre 1916. Ils dessinent dans les tranchées et témoignent de la barbarie de la guerre moderne.

Les aquarelles de Salaberry sont impressionnantes, en particulier celle réalisée la veille de sa mort. Les dessins de Deluc sont poignants et font vivre le quotidien des tranchées. D’autres, comme le Bayonnais Henri Zo, sont mobilisés pour témoigner officiellement de la guerre par leur pinceau. « Morts au Champ d’Honneur », prisonniers et blessés graves (parmi eux le futur maire de Bayonne Jean-Pierre Brana) amènent la tragédie dans le quotidien des familles.

Des médecins de la région interviennent dans les hôpitaux d’évacuation du front. Et c’est à Bayonne, parmi d’autres villes éloignées du front, que sont envoyés les blessés soignés dans les hôpitaux civils et militaires mais aussi dans des édifices temporairement transformés en hôpitaux comme le Lycée de Bayonne, le Séminaire de Larressore ou le château d’Ilbarritz. Ernest Fort, secrétaire du maire de Bayonne Joseph Garat, dirige les oeuvres municipales de guerre en faveur des réfugiés, surtout les orphelins belges, et organise un atelier de rééducation des mutilés.

Artiste lui-même, il dessine quelques épisodes du temps de guerre à Bayonne et rassemble une documentation importante. Les témoignages des Bayonnais de l’époque insistent sur les difficultés de la vie quotidienne (cherté des denrées), les émotions suscitées par l’explosion de la poudrerie ou l’attaque des forges du Boucau par un sous-marin allemand.

Les illustrateurs locaux participent à l’exaltation du devoir patriotique et au dévouement envers les populations souffrantes des lignes du combat. Après la victoire chèrement acquise, des pierres du souvenir fleurissent dans toutes les communes de France pour témoigner du sacrifice de millions de soldats.

Les monuments « Morts pour la France » témoignent de la volonté de sortir de l’anonymat ces héros modestes qui ont donné leur vie dans la première guerre totale des temps modernes. Chaque village de la « petite patrie » basque compte ses morts pour la grande patrie.

Bétiso : la vache transfrontalière du Pays basque

Bétiso : la vache transfrontalière du Pays basque
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Si cette vache mythique avait presque disparu en France, côté espagnol en revanche elle a toujours fait partie du patrimoine grâce à une politique de maintien. Une espèce sauvage, caractérisée par ses cornes élégantes, qui aujourd’hui fait l’objet d’un suivi spécifique des deux côtés de la frontière. Source : france3-regions.francetvinfo.fr

Domestiquée puis redevenue sauvage selon une hypothèse, ancestrale car datant du néolithique selon une seconde hypothèse, une petite vache fait partie du paysage du pays basque : la « bétiso ».

Méconnue car elle avait presque disparue de la montagne basque côté français, elle a été réintroduite dans les années 80.
Côté espagnol, ces vaches rustiques à cornes élégantes ont demeuré sur les pentes de Pagoéta au dessus de St Sébastien. Une politique de maintien de la race qui s’est développée il y a peu avec vente de taurillons et surveillance sanitaire. Une clôture a même été installée sur plusieurs hectares pour les protéger et éviter que ces bovins divaguent n’importe où. Une semi liberté qui impose un suivi spécifique.

Quelques passionnés côté français ont souhaité leur en racheter car leurs vaches, sauvages, n’appartiennent à personne et sont difficiles à approcher. Pour le moment, il n’y a pas eu de conflit important avec les usagers de la montagne ou les éleveurs de brebis. Mais pour poursuivre dans cette voie de maintien de la race, tout le monde n’est pas d’accord.

Entre mer et reliefs, le Pays basque

Entre mer et reliefs, le Pays basque
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La rampe de la Concha, à San Sebastian. (Marie Ottavi)
PYRÉNÉES – Balades avec l’artiste Juan Aizpitarte. De la baie de San Sebastian au village de Sare, au pied de la montagne de la Rhune. Source : liberation.fr. Auteur : Marie Ottavi.

Au Pays basque, mieux vaut éviter de parler de territoires français ou de terres espagnoles. Optez plutôt pour le Nord (iparralde en basque) et le Sud (hegoalde). Ça peut aider, une fois sur zone, à se faire des amis, ou au moins quelques compères de route prêts à évoquer leur chère terre.

Juan Aizpitarte est l’un de ceux-là. Artiste et vidéaste, cousin d’Iniaki Aizpitarte, chef fort doué du restaurant Le Chateaubriand et du Dauphin à Paris, il vit « entre les deux côtés ». Le jour, Juan dirige un centre d’art situé à San Sebastian. Le soir, il remonte à Socoa, à 25 kilomètres en longeant l’océan, où il vit avec sa compagne et sa fille née en octobre. Comme beaucoup de locaux, il «profite du cadre», surfe sur les plages sans favoriser un pays ou un autre, et monte de temps en temps vers la montagne, qu’il dit «magnifique».

Divisé en sept provinces (quatre espagnoles, trois françaises), le Pays basque (Euskadi dans le texte) peut s’explorer en slalomant entre ses deux nations, dénuées de postes frontières depuis dix-sept ans. L’arrivée se fait par Biarritz et se poursuit le long de la côte où les vagues sont impressionnantes de septembre à décembre. La traversée de Saint-Jean-de-Luz annonce déjà que l’Espagne et surtout San Sebastian, approchent. Distantes d’une petite trentaine de kilomètres, les deux villes présentent des similarités. Une même bourgeoisie (l’historique pull noué sur les épaules fait partie de son folklore), la culture thalasso en commun, une topographie similaire (orientation et courbe), un vent et des marées identiques. Et la beauté aussi.

Une grande partie de San Sebastian a changé de visage au XIXe siècle. La ville fut reconstruite après une série d’incendies dévastateurs. Depuis des lustres, les promeneurs se posent près de l’eau, hypnotisés par le banc de sable immense (long de 500 mètres) de la baie et des deux immenses rochers qui la découpent. Les familles et les amis se retrouvent là pour discuter en longeant la plage. On s’accoude à la barandilla de la Concha, rambarde blanche, symbole de la ville. «C’est une frontière entre le monde sauvage et la ville civilisée», remarque Juan Aizpitarte qui l’a détournée dans l’une de ses installations. La côte a connu de fortes vagues de construction hôtelière dès les années 60. La montagne, plus sévère et traditionaliste, a un peu résisté au raz-de-marée touristique. Elle est à moins d’une heure à l’est. Aucune route ne suit la frontière, ce serait trop simple. Aujourd’hui, le passage d’un pays à l’autre est indolore, parfois invisible.

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Conte du Pays basque : la tabatière

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Comme souvent dans le monde, il y avait un jeune homme qui voyageait. En marchant, il trouva un jour une tabatière. Il l’ouvre, et la tabatière lui dit : Que quieres ? (Que veux-tu ?). Saisi de peur, il s’empresse de serrer la tabatière dans sa poche ; heureusement il ne la jeta pas. Il alla loin, loin, loin, et se dit en lui-même : « Si elle me dit de nouveau que quieres, je saurai quoi lui répondre. » Il reprend sa tabatière, l’ouvre, et elle lui dit de nouveau : « Que quieres ? » Le jeune homme répondit : « Mon chapeau plein d’or », et le chapeau se trouva remplir d’or.

Notre jeune homme fut ravi ; désormais, il n’aurait plus besoin de rien. Il alla loin, loin, loin, et après avoir traversé des forêts, arriva devant un beau château. Là demeurait un roi. Il en faisait le tour et le tour, regardant partout avec assurance. Le roi lui demanda ce qu’il faisait là. – « Je regarde votre château.Tu préfèrerais en avoir un pareil, n’est-ce pas ? » Le jeune homme ne répondit rien. Mais quand arrive le soir, il prend sa tabatière et l’ouvre : « Que quieres ?Fais moi ici même un château avec des lattes d’or, des tuiles de diamant, et tout le fourniment en argent et en or« . Il finissait à peine de parler qu’il voyait, en face de la maison du roi, un château comme il l’avait demandé. A son réveil, le roi fut stupéfait en apercevant cette magnifique maison qui tirait les yeux sous l’éclat du soleil. Toutes les servantes demeuraient aussi là à regarder. Le roi alla chez le jeune homme et lui dit qu’il était un homme de grand pouvoir ; qu’il devrait bien venir chez lui ou consentir à ce qu’il vécussent tous ensemble ; qu’il avait une fille et qu’on la marierait avec lui. Il en arriva comme avait dit le roi, et tous se rendirent à la magnifique maison. Il se maria avec la fille du roi et il vécurent heureux.

La femme du roi avait une grande jalousie envers ce jeune homme et envers sa fille. Elle savait par sa fille comment ils avaient une tabatière qui leur procurait tout ce qu’ils voulaient. Elle s’entendit avec une servante pour essayer de voler cette tabatière. Elles observèrent avec soin où on la mettait le soir, et quand elles connurent l’endroit, au milieu de la nuit, pendant que ses maîtres étaient endormis, la domestique s’en empara et l’apporta à sa vieille maîtresse. Quelle joie pour celle-ci ! Elle ouvre la tabatière qui lui dit : « Que quieres ? » (…)

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90 enquêtes : Vols et braquages, un été sur la côte basque

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Les équipes ont suivi le travail des policiers de la sûreté départementale, qui veillent à la sécurité des vacanciers, mais aussi des habitants et des commerçants. A Bayonne, Biarritz et Saint-Jean-de-Luz, policiers en tenue et brigades anti-criminalité ne connaissent pas de répit. Vols à la roulotte, pickpockets, braquage de rue : la petite délinquance prospère dans les stations balnéaires. Mais les forces de l’ordre sont également confrontées à des délinquants de haut vol. Située à la frontière avec l’Espagne, la région est un passage obligé pour le trafic de drogue qui remonte au Maroc vers l’Europe. La poursuite en voiture d’un braquage, un convoi de drogue ultra-rapide, a été filmée. Ces trafiquants sont prêts à tout.

Commis en bandes organisées ou par des voleurs isolés, les cambriolages sont en hausse constante en France. Depuis quelques mois, la région Nord connaît elle aussi une vague de vols sans précédent. Les équipes ont passé trois mois en immersion avec les policiers de Lille et de Dunkerque, qui luttent contre cette délinquance. Parmi eux, les enquêteurs très spécialisés des cellules anti-cambriolage. Home-jacking, effractions de coffre-fort ou, plus insolite, vols d’objets d’art : ils pistent de véritables professionnels du casse, dont les filières de recel mènent parfois jusqu’en Belgique. Les patrouilles de la BAC traquent les voleurs jusqu’au flagrant délit. Plus rien n’arrête les malfaiteurs, qui entrent dans les maisons en plein jour, malgré la présence des propriétaires.