Les encyclopédistes du 18è s. sur le Pays basque : plutôt succinct !

Les encyclopédistes du 18è s. sur le Pays basque : plutôt succinct !
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Que disaient d’Alembert, Diderot, et leurs comparses sur le Pays basque en 1757 ? Bien peu de choses, ma fois ! Voici la définition, telle que publiée dans la première édition de la fameuse « Encyclopédie » des Lumières. J.-M. Etchebarne.

BASQUES (les) s. m. pl. Géog. petit pays de France, vers les Pyrénées, entre l’Adour, les frontieres d’Espagne, l’Océan, & le Bearn ; il comprend le Labour, la basse Navarre, & le pays de Soule.

Tome 2, page 118

Les Basques dans l’Antiquité

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Les historiens de l’Antiquité répertorient différents peuples implantés dans le triangle Pyrénées-Garonne-Atlantique : les Vascons en Navarre, les Varduli en Guipuzcoa et les Caristii en Biscaye. Dans le dernier millénaire avant JC, la zone d’influence des premiers basques s’étendait de la Garonne à l’Aragon et à l’actuelle Biscaye : elle correspondrait à la zone de transhumance des Pyrénéens occidentaux. Les celtes, qui envahirent la Gaule vers 500 av JC, ne parvinrent jamais à conquérir cette zone d’influence. Même si, au tournant de l’ère chrétienne, une certaine celtisation s’était manifestée par l’introduction de l’agriculture et du travail du fer en Aquitaine, dans le sud de l’Alava et de la Navarre, ainsi que dans l’ouest de l’Aragon. Les derniers siècles avant JC sont également marqués par la construction d’oppidum sur de hautes collines.

En 72 av JC, Sertorius, le chef romain en Ibérie, se soulève, avec le soutien des Vascons et des Cantabres, contre Rome et Pompée. Ce dernier vient assiéger sa capitale. Après sa victoire, il occupe la Navarre et l’Alava puis fonde la ville de Pampelune. Les Romains occupaient alors toute la péninsule ibérique. L’une de leurs plus importante voies, de Bordeaux à Astorga, traversait le Pays Basque. Ils exploitèrent des gisements de minerais de fer des Encartaciones (zone la plus occidentale de la Biscaye), ce qui favorisa le développement des forges dans la zone. Mais les Romains n’ont jamais pu ou jamais voulu s’installer dans les vallées atlantiques et du Nord de la Navarre, sans doute intimidés par les montagnes et les défilés bien défendus par les natifs qui y habitaient. C’est dans les zones romanisées du pays que commença la christianisation et la latinisation du Pays Basque.

La "pierre romaine" d'Hasparren

La « pierre romaine » d’Hasparren

Dans sa « Guerre des Gaules », César distingue en Gaule trois zones selon leur langue, leurs coutumes et leurs lois : les Belges, les Celtes et les Aquitains. Lors des premières expéditions de César contre les Belges et les Celtes, en 58 av JC, les Aquitains demeurent simples spectateurs. Mais, en 56 av JC, craignant que César ne vienne les envahir, ils se préparent à envoyer des renforts aux Armoricains. César envoya alors un de ses lieutenants, Publius Crassus, soumettre l’Aquitaine : les Basques sont battus sur les bords de la Garonne, puis de l’Adour. Finalement, en 39-38 av JC, Agrippa, lieutenant d’Octave (le futur empereur Auguste), guerroya et vainquit les Aquitains. C’est à ce moment là que l’influence basque dans les plaines d’Aquitaine disparût, les populations se latinisant progressivement à la faveur de l’urbanisation : le Gascon serait ainsi une version très fortement latinisée de l’Euskara. Les Romains fondèrent les villes de Lapurdum (Bayonne), Iluro (Oloron), Aquae Tarbellicae (Dax).

L’un des rares vestiges de l’époque romaine en Euskadi, la « pierre romaine » d’Hasparren indique que les Basques obtinrent leur autonomie de Rome, grâce aux services rendus à l’Empire par le gouverneur du pays : la Novempopulanie est créée. La liste de Vérone, un document daté de 297 et énumérant les provinces de l’Empire, atteste d’une certaine autonomie de la Novempopulanie.

Les origines des Basques

Les origines des Basques
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Le Peuple Basque est sûrement le plus ancien d’Europe. Les anthropologues s’accordent à dire que les Basques d’aujourd’hui sont les descendants directs de l’homme de Cro-Magnon. Son ancienneté remonterait donc à 50.000 ans environ. C’est à des gens qui parlaient l’euskara qu’on doit les peintures de Lascaux et d’Altamira. Le basque est la seule langue non indo-européenne connue en Occident. La toponymie prouve que le basque a été parlé sur un territoire qui va au moins de l’Ebre à la Garonne et au val d’Aran. Source : francois.valiente.free.fr

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Etchebarne : un peu d’étymologie

Etchebarne : un peu d'étymologie
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etxe/etche

(IXe s.) Maison. Obscur. Peut-être d’une forme antérieure *etse, etze. Cf. ezkondu « se marier », eztei « noce ». La forme etse est attestée en biscayen et roncalais. On trouve des graphies esse, etse au XIIIe s. et esajaun « maître ou âme de maison » en 1596. Cp. khoisan etsa « maison ». On a tenté aussi de relier etse à (h)ertsi « fermé ». On notera aussi avec intérêt qu’en khoisan existe un terme etsa pour « maison » et que certains spécialistes du basque reconstruisent le proto-basque *etse, esa- comme ancêtre de l’ etxe (etche) basque moderne qui semble être une forme secondaire ou diminutive et affective (notamment pour expliquer ezkondu « se marier », cp. esp. casarse « id. », de casa « maison », fr. « se caser »).
D’après Caro Baroja, le mot etxe apparaît dès le XIIe siècle dans le « Guide du pèlerin de Compostelle ». Dans de vieux documents navarrais, on trouve les formes : Echeverri, Echerry, Echarry et au Moyen Âge : Echagüe, Echano, Echarri ainsi que Esceverrianensis pour « d’Etcheverria ». Le mot eche se trouve dans des toponymes alavais du XIe siècle (un document de 1025, provenant de San Millán, cite deux Essavarri dans le district de Gamboa) 1. Rappelons enfin que le prénom « Xavier » (Xabier) dérive du mot basque exaberri (maison neuve).

Sources : projetbabel.org 1 / projetbabel.org 2 / wikipedia.org


barne

Pièce d’habitation, salle de réunion.
Source : wiktionary.org


Etchebarne, c’est donc, en un sens, la maison où l’on se réunit. Belle image, non ?

L’histoire du Pays basque en 50 dates

L'histoire du Pays basque en 50 dates
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La Préhistoire – Une civilisation cantabrique occupe la région comprise entre les Asturies et la Dordogne, d’Altamira à Lascaux. Au Pays Basque actuel subsistent les peintures et sculptures de Santimamifia (Bizcaye), Urtiaga (Guipuzcoa) et Isturitz (Basse-Navarre). Source : francois.valiente.free.fr

58 av. J.C. – Crassus, lieutenant de César, soumet la population indigène du territoire que les Romains appellent Aquitaine (terre d’Auch, des Auscitains), et qui prendra par la suite les noms de Novempopulanie, Vasconie, Gascogne où l’on retrouve le même radical: Eusk, Ask, Basque.

602 – Création du duché de Vasconie.

635 – Les troupes franques du duc Arimbert, lieutenant de Dagobert, sont battues par les Basques dans la vallée de la Soule.

778 – Charlemagne échoue devant Saragosse, occupée par les Arabes, et au retour rase Pampelune; son arrière-garde, surprise par l’armée basque au col de Cize, subit un désastre qui inspirera la Chanson de Roland.

824 – Naissance du royaume basque de Pampelune.

892 – Saint Léon, venu évangéliser les Basques, est décapité à Bayonne, alors occupée par les Normands. Les Normands sont définitivement refoulés par Guillaume Sanche, duc des Vascons.

1004 – Le roi basque Sancho le Grand rassemble sous son sceptre toutes les terres alors habitées par les Basques; en dehors du royaume de Navarre, il règne sur la Gascogne, l’Aragon, la Castille et le Comté de Toulouse.

1023 – Sanche le Grand crée le Vicomté de Labourd pour son cousin Loup Sanche qui s’installe à Bayonne, et attribue la Soule au vicomte Guillaume Fort; ces actes qui s’inscrivent dans le système féodal, seront lourds de conséquence pour l’unité basque.

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Contes et légendes du pays basque : les laminak

Contes et légendes du pays basque : les laminak
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Au Pays Basque (comme ailleurs…) les contes et les légendes sont certainement les genres littéraires qui plongent le plus profondément dans la mentalité populaire. Certains, remontent bien au-delà de la christianisation. De cette période, subsistent des êtres mystérieux : les laminak. Androgynes, à l’aspect physique mal défini, les laminak sont tributaires de l’homme dont ils réclament l’assistance en échange de promesses (pas toujours tenues !) de fabuleux trésors. La christianisation a été l’occasion d’une libre adaptation des paraboles chrétiennes, illustrées par les aventures de Jésus et Saint-Pierre. De tradition orale, ces légendes se sont transmises par les récits maternels, et au hasard de rencontres avec des personnages aussi typiques qu’insolites. La liberté de construction de la langue basque se prête merveilleusement à la construction de récits en tout genre. La traduction à peu près littérale des légendes proposées dans cette rubrique conserve ainsi la saveur des expressions locales. Source : francois.valiente.free.fr/legendes.html

Il y a quelques deux ou trois cents ans, les Laminak, dit-on, avaient une demeure à Saint-Pée, sous le pont d’Utsalea. Mais, on avait beau y regarder, personne ne pouvait rien savoir de cette retraite. Une fois, cependant, raconte-t-on, un de ces Laminak allait mourir. Ses compagnons savaient fort bien que son heure était venue ; et, fatalité, il ne pouvait absolument pas trépasser, sans qu’un être humain – qui ne fût pas un Lamina – fût venu le voir et eût récité devant lui une prière, si petite fût-elle !
Les Laminak avaient un ami à Gaazetchea ; l’un d’entre eux s’en fût au près de lui :
Par grâce, vous allez venir jusque chez nous !… Un de nos compagnons est très mal, et il ne pourra exhaler son dernier souffle que vous ne l’ayez vu et que vous n’ayez dit une petite prière pour lui. Vous aurez un beau salaire : une somme de cinquante francs, sans compter quelques étrenne.
Cinquante francs n’étaient pas alors faciles à gagner… La femme de Gaazetchea se résout donc à l’expédition, et advienne que pourra !…

Tandis qu’ils s’acheminaient tous les deux vers le pont d’Utsalea, le Lamina dit à sa compagne :
S’il vous arrive d’entendre quelque bruit, tout à l’heure, tandis que vous sortirez de chez nous, ne regardez pas, je vous prie, en arrière ! Allez toujours votre chemin, droit devant vous. Sans cela, vous perdrez votre cadeau, et vous ne vous en serez même pas doutée.
– C’est bien. Je ne vais certes pas regarder en arrière !
Les voilà donc près du pont d’Utsalea. Il leur fallait traverser, pour entrer dans la maison. Le Lamina frappe l’eau avec une sienne baguette, et, tout de suite, l’onde de divise en deux parts. Tous deux ils passent ; et, derechef, de sa baguette, le Lamina frappe l’eau qui reprend immédiatement sa place.
La femme pénètre dans la maison ; elle dit une prière devant le Lamina expirant et s’apprête à sortir.
Mais les Laminak n’entendaient pas qu’elle s’en allât ainsi, sans s’être du tout restaurée : Elle mangerait bien une bouchée tout au moins !
Ils lui servent donc un fort bon repas ; et puis, en plus d’une somme de cinquante francs, ils lui remettent une tabatière en or.

Ravie, elle s’en retournait donc chez elle. Tout à coup, entendant quelque bruit, elle tourne la tête… Adieu ! Sans même qu’elle s’en rende compte, elle perd… sa tabatière en or !
Toujours avec son Lamina, elle arrive au bord de l’eau. Comme précédemment, le Lamina prend sa baguette et frappe. Mais, cette fois, l’eau ne s’est point divisée.
Il frappe encore une fois ; mais, encore une fois bien inutilement. Dès lors, le Lamina savait pourquoi l’eau ne se divisait pas ; mais il n’osait pas s’en ouvrir à sa compagne. Une dernière fois, il frappe avec la baguette… Et l’eau de demeurer toujours immobile !
Le Lamina dit alors à la femme :
Vous devez avoir, sur vous, quelque petite chose à nous et que vous aurez prise par mégarde ?
Elle veut dissimuler et répond :
Je ne crois pas, Madame Lamina !… à moins que ce ne soit quelque épingle…
Elle se fouille et dit :
Non, non, je ne trouve rien.
– Cependant, je n’arrive pas à diviser l’eau !… Et dès lors, si vous ne dites pas votre larcin, nous voilà ici pour un moment !
Et la bonne femme de dire alors : Tout ce que j’ai sur moi, c’est un tout petit peu de votre pain que j’ai pris dans le coin de mon mouchoir, afin de montrer chez moi combien il est blanc. (Il l’était, dit-on, plus même que la neige.)
– C’est une chose qui peut arriver à tout le monde… Mais on ne peut rien emporter de chez nous. Voilà pourquoi vous me rendrez ce pain, je vous prie, personne ne devant jamais rien voir de ce qui nous appartient.
La brave femme lui rend donc le pain, et à peine la baguette a-t-elle effleuré l’eau, que, tout de suite, cette eau s’entr’ouvre et se range. En même temps aussi s’évanouissait le Lamina…

La pauvre femme de Gaazetchea, cette nuit, y gagna d’avoir fait son voyage pour rien, car, tandis qu’elle s’en revenait, les cinquante francs fondirent eux aussi dans sa poche ! Voilà pourquoi, de nos jours encore, nous ne savons pas au juste des Laminak, ni ce qu’ils sont, ni de quoi ils se nourrissent, ni dans quelles habitations ils vivent.

Conte du Pays basque : la tabatière

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Comme souvent dans le monde, il y avait un jeune homme qui voyageait. En marchant, il trouva un jour une tabatière. Il l’ouvre, et la tabatière lui dit : Que quieres ? (Que veux-tu ?). Saisi de peur, il s’empresse de serrer la tabatière dans sa poche ; heureusement il ne la jeta pas. Il alla loin, loin, loin, et se dit en lui-même : « Si elle me dit de nouveau que quieres, je saurai quoi lui répondre. » Il reprend sa tabatière, l’ouvre, et elle lui dit de nouveau : « Que quieres ? » Le jeune homme répondit : « Mon chapeau plein d’or », et le chapeau se trouva remplir d’or.

Notre jeune homme fut ravi ; désormais, il n’aurait plus besoin de rien. Il alla loin, loin, loin, et après avoir traversé des forêts, arriva devant un beau château. Là demeurait un roi. Il en faisait le tour et le tour, regardant partout avec assurance. Le roi lui demanda ce qu’il faisait là. – « Je regarde votre château.Tu préfèrerais en avoir un pareil, n’est-ce pas ? » Le jeune homme ne répondit rien. Mais quand arrive le soir, il prend sa tabatière et l’ouvre : « Que quieres ?Fais moi ici même un château avec des lattes d’or, des tuiles de diamant, et tout le fourniment en argent et en or« . Il finissait à peine de parler qu’il voyait, en face de la maison du roi, un château comme il l’avait demandé. A son réveil, le roi fut stupéfait en apercevant cette magnifique maison qui tirait les yeux sous l’éclat du soleil. Toutes les servantes demeuraient aussi là à regarder. Le roi alla chez le jeune homme et lui dit qu’il était un homme de grand pouvoir ; qu’il devrait bien venir chez lui ou consentir à ce qu’il vécussent tous ensemble ; qu’il avait une fille et qu’on la marierait avec lui. Il en arriva comme avait dit le roi, et tous se rendirent à la magnifique maison. Il se maria avec la fille du roi et il vécurent heureux.

La femme du roi avait une grande jalousie envers ce jeune homme et envers sa fille. Elle savait par sa fille comment ils avaient une tabatière qui leur procurait tout ce qu’ils voulaient. Elle s’entendit avec une servante pour essayer de voler cette tabatière. Elles observèrent avec soin où on la mettait le soir, et quand elles connurent l’endroit, au milieu de la nuit, pendant que ses maîtres étaient endormis, la domestique s’en empara et l’apporta à sa vieille maîtresse. Quelle joie pour celle-ci ! Elle ouvre la tabatière qui lui dit : « Que quieres ? » (…)

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