En Islande, il est désormais interdit de tuer les Basques

En Islande, il est désormais interdit de tuer les Basques
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Une loi vieille de plusieurs siècles a été symboliquement abrogée en Islande. Au XVIIe siècle, les baleiniers basques risquaient gros en s’y aventurant.

Depuis le 22 avril, une stèle est installée à Hólmavík, une petite commune de 375 âmes au nord-ouest de l’Islande. Elle est érigée en souvenir du massacre de 32 baleiniers basques en 1615. Présent lors de la cérémonie de commémoration, l’administrateur de la région du Vestfirðir (littéralement « les fjords de l’Ouest ») en a profité pour abroger un décret vieux de quatre siècles et qui était encore en vigueur jusque-là. Celui-ci autorisait ni plus ni moins à tuer les Basques qui se trouvaient dans la région !

“Bien entendu, cette abrogation fait avant tout sourire : nous avons des lois dans notre pays qui interdisent de tuer des Basques » a lancé Jónas Guðmundsson, des propos relayés par le site Iceland Review. Il a également ajouté avec malice que cela pourrait s’avérer positif pour attirer les touristes venus d’Euskadi : Au moins, les lieux sont sans danger pour eux désormais !

Lire la suite : sudouest.fr (29/04/2016)

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L’histoire du Pays basque en 50 dates

L'histoire du Pays basque en 50 dates
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La Préhistoire – Une civilisation cantabrique occupe la région comprise entre les Asturies et la Dordogne, d’Altamira à Lascaux. Au Pays Basque actuel subsistent les peintures et sculptures de Santimamifia (Bizcaye), Urtiaga (Guipuzcoa) et Isturitz (Basse-Navarre). Source : francois.valiente.free.fr

58 av. J.C. – Crassus, lieutenant de César, soumet la population indigène du territoire que les Romains appellent Aquitaine (terre d’Auch, des Auscitains), et qui prendra par la suite les noms de Novempopulanie, Vasconie, Gascogne où l’on retrouve le même radical: Eusk, Ask, Basque.

602 – Création du duché de Vasconie.

635 – Les troupes franques du duc Arimbert, lieutenant de Dagobert, sont battues par les Basques dans la vallée de la Soule.

778 – Charlemagne échoue devant Saragosse, occupée par les Arabes, et au retour rase Pampelune; son arrière-garde, surprise par l’armée basque au col de Cize, subit un désastre qui inspirera la Chanson de Roland.

824 – Naissance du royaume basque de Pampelune.

892 – Saint Léon, venu évangéliser les Basques, est décapité à Bayonne, alors occupée par les Normands. Les Normands sont définitivement refoulés par Guillaume Sanche, duc des Vascons.

1004 – Le roi basque Sancho le Grand rassemble sous son sceptre toutes les terres alors habitées par les Basques; en dehors du royaume de Navarre, il règne sur la Gascogne, l’Aragon, la Castille et le Comté de Toulouse.

1023 – Sanche le Grand crée le Vicomté de Labourd pour son cousin Loup Sanche qui s’installe à Bayonne, et attribue la Soule au vicomte Guillaume Fort; ces actes qui s’inscrivent dans le système féodal, seront lourds de conséquence pour l’unité basque.

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Légendes du Pays basque : le Basa Jauna

Légendes du Pays basque : le Basa Jauna
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Souvenirs d’avant la christianisation du Pays basque : mi-dieu mi-homme, le basa jauna (ou seigneur sauvage) est un personnage de grande taille, très velu et possédant une force exceptionnelle. C’est le seigneur sauvage de la forêt. Les basa jaunak travaillaient la terre bien avant l’homme et suite à un pari l’homme gagna des graines et put enfin lui aussi cultiver. Les basa jaunak sont également réputé pour être des ravisseurs de jeunes femmes. La femme du basa jauna est la basa anderea. Voici l’histoire d’Anxo et les vachers.


Autrefois, il y avait à Esterençuby, sur la frontière espagnole, quatre vachers. L’un d’entre eux était un jeune garçon. Lorsqu’ils étaient endormis, dans leur cabane venait se chauffer Antxo, le Basa Jauna (Seigneur Sauvage). Et quand il s’était chauffé, il mangeait de leur nourriture. Les bergers recevaient un pain et d’autres mets, et en laissaient un morceau tous les soirs, la part d’Antxo.

Une nuit, voyant que la part d’Antxo n’avait pas été faite, le petit garçon dit :
– Où avez-vous mis la part d’Antxo ?
– Donne-lui la tienne si tu veux, lui répondirent les autres.
Le garçon laissa sa part sur la planche habituelle. Le Basa Jauna arriva comme à l’ordinaire. Après s’être chauffé, il mangea la part du petit garçon. Bien réchauffé et repu, il partit, emportant les vêtements des vachers, sauf ceux du petit garçon.

Cette nuit là il neigea très fort. Le lendemain matin, les vachers ne trouvant pas leur vêtements, dirent au garçon :
– Vas chercher nos vêtements.
– Moi ? Non.
– Vas, nous t’en prions.
– Quelle récompense me donnerez-vous ?
Ils avaient une mauvaise génisse et la lui promirent.

Le garçon part, et en arrivant à la caverne où était le Basa Jauna, il cria :
– Antxo, donnez-moi les vêtements de mes camarades.
– Tu ne les aura pas.
– Je vous en prie, donnez-les moi ; ils m’ont envoyé les chercher.
– Que te donne-t-on pour la peine ?
– Une mauvaise génisse.
– Prends-les donc, et prends aussi cette baguette de coudrier. Marque ta génisse et donne lui cent et un coups, le cent et unième plus fort que les autres.

Le garçon fit ce qu’avait dit Antxo. Il donna à sa génisse cent et un coups, et après un court instant, la génisse lui produisit un troupeau de cent et une belles bêtes. A cette époque, les Basa Jauna conversaient avec les chrétiens.

Source : euskadi.net.free.fr

Crédit photo : vlez via Flickr (cc)

Ballades du côté de Saint-Jean-de-Luz

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Saint-Jean-de-Luz, souvent prise et pillée par les Espagnols, souffrit longtemps de sa position frontalière. Elle subit notamment, en 1558, un incendie qui n’épargna qu’une seule maison – celle où résidait le chef du contingent ibérique ayant occupé la cité. C’est à la fois pour faciliter le mouillage des navires et protéger la baie que le roi Henri IV entreprit de construire le fort de Socoa (commune de Ciboure).

Saint-Jean-de-Luz connut son heure de gloire lorsque, à l’issue du traité des Pyrénées conclu quelques mois plus tôt (7 novembre 1659) par Mazarin, Louis XIV vint y épouser Marie-Thérèse d’Autriche infante d’Espagne le 9 juin 1660. La porte de l’église Saint-Jean-Baptiste, franchie à sa sortie de l’église par le couple royal fut murée 3 ans après la cérémonie, quoique l’inscription gravée dans le mur donne à croire que la condamnation de la porte a été réalisée juste après le mariage. (…) Source : Wikipédia

Trois mois de voyage dans le pays basque, par Lucien Louis-Lande (1877)

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De lointains souvenirs de richesse et de gloire, un nom illustre dans les vieilles chroniques, les tronçons épars d’une ancienne enceinte ; au centre, une grande place entourée d’arcades, dix rues y convergeant disposées en étoile, des palais déserts ; comme monument, une église gothique sombre, humide et froide autant qu’un tombeau, adossée au mur d’enceinte dont elle faisait partie autrefois avec son promenoir extérieur, ses meurtrières et ses créneaux, — telle est Orduña, une ville morte. Sentinelle avancée du Señorio, longtemps elle eut l’honneur de repousser les attaques incessantes des envahisseurs ; mais la fondation de Bilbao devait lui être fatale : plusieurs incendies désastreux, comme ceux qui éclataient dans les villes du moyen âge, précipitèrent sa décadence. Après la guerre de 1833, au mépris des fueros, la ligne des douanes fut reculée jusqu’à la frontière, même le commerce de transit, qui se faisait encore par le chemin royal, disparut lors de la construction de la voie ferrée de Tudela à Bilbao : ce fut pour Orduña le dernier coup. L’antique cité repose au fond d’un cirque immense, et les cimes qui l’entourent sont si élevées, leurs flancs si abrupts, que le train pour l’atteindre est obligé de faire vers la gauche un grand détour de 15 kilomètres. Au-delà d’Orduña, la voie continue à descendre presque en ligne droite, à travers des champs divisés par des haies vives de rosiers sauvages et de mûriers en fleurs ; puis défilent au galop de la locomotive des villages fameux dans l’histoire de Vizcaye : Luyando, où se trouvait l’arbre Malato, limite extrême de la province ; Arrigorriága, témoin d’une grande victoire remportée au IIe siècle sur les Castillans. Des villas isolées pointent dans la campagne et révèlent le voisinage d’une grande ville ; par malheur beaucoup ont été pillées et incendiées : on reconnaît là les traces de l’armée carliste.

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La Navarre et les Provinces basques

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Santillana del Mar, en Cantabrie. Crédit : druidabruxux via Flickr (cc)

Santillana del Mar, en Cantabrie. Crédit : druidabruxux via Flickr (cc)

Jusqu’au XIVe siècle, les trois provinces basques, Alava, Guipuzcoa et Biscaye, formées de l’ancienne Cantabrie, et qui avaient échappé à la conquête des Goths et des Arabes, comme à celle des Romains, restèrent complètement indépendantes de tout pouvoir étranger. Confédérées entre elles, et portant sur leur étendard trois mains sanglantes, avec la devise Irurakbat (les trois n’en font qu’une), elles élisaient un seigneur, national ou étranger, qui n’exerçait qu’une autorité viagère et purement exécutive, sous le contrôle des assemblées nationales. Ce fut en 1332 que les députés des provinces allèrent offrir au roi de Castille, Alphonse-le-Justicier, qui se trouvait alors à Burgos, le titre de seigneur, consentant à ce que ce titre fût désormais annexé à la couronne de Castille. Mais les trois petits peuples vascons (vascongados), tout en se donnant un suzerain, un protecteur, n’aliénèrent point leur indépendance, et firent au contraire à ce sujet les réserves les plus formelles. Ainsi, dans le traité qui intervint entre eux et le roi, ils poussèrent les précautions jusqu’à stipuler que le roi ne pourrait bâtir, ni posséder sur leur territoire aucune peuplade (pueblo), aucune forteresse, aucune maison. Leurs fueros, que le roi-seigneur jurait de maintenir, se terminaient par cet article : « Nous ordonnons que si quelqu’un, soit national, soit étranger, voulait contraindre quelque homme, ou femme, ou village, ou ville, à quoi que ce soit, en vertu de quelque mandat de notre seigneur-roi de Castille, que n’aurait point admis et approuvé l’assemblée générale, ou qui serait attentatoire à nos droits, libertés, franchises et privilèges, il lui soit incontinent désobéi ; s’il persiste, qu’on le mette à mort. » Ainsi, les provinces basques s’étaient adjointes, par le lien de vassal à suzerain, au royaume de Castille, mais sans s’y incorporer, sans s’y confondre.

La cathédrale de Burgos. Crédit : marcp_dmoz via Flickr (cc)

La cathédrale de Burgos. Crédit : marcp_dmoz via Flickr (cc)

« Depuis cette époque jusqu’à nos jours, elles sont restées, sans interruption ni changement, dans cet état de dépendance extérieure et d’indépendance intérieure dont les cités romaines, sous l’empire, avaient déjà donné l’exemple, et qu’eurent un moment les cantons suisses, lorsqu’ils laissèrent prendre à Napoléon le titre de médiateur de la confédération helvétique. Du reste, il existe encore aujourd’hui, entre les provinces basques et l’Espagne, toutes les séparations, toutes les barrières qui rendent deux nations étrangères l’une à l’autre. Les Vascons parlent une langue qui leur est propre (el vascuense, et, parmi eux, eskara), une langue primitive, qui ne dérive ni du latin ni du celtique, et qui n’a pas plus de rapport avec l’espagnol qu’avec le chinois, ce qui fait qu’ils ne comprennent pas leurs voisins, et n’en sont pas compris. Leurs fueros les exemptent des conscriptions (quintas) que l’Espagne lève sur les autres provinces. Ils ne lui doivent aucun service de guerre. Seulement, d’après les vieilles lois de la féodalité, ils sont tenus, en cas d’invasion étrangère, de se lever en masse pour la défense commune du pays ; et ce devoir, ils l’ont bien rempli pendant la guerre de l’indépendance. Les provinces basques, exemptes de l’impôt d’hommes, ne paient pas non plus d’impôts d’argent à l’Espagne. Deux d’entre elles, Alava et Guipuzcoa, achètent sa suzeraineté, sa protection, par un tribut qu’on nomme encore alcabala, du mot que les Castillans avaient emprunté aux Arabes. Mais cette alcabala perpetua, qui n’a point varié depuis le traité fait avec Alphonse XI, est maintenant d’une insignifiance ridicule. Ainsi, le Guipuzcoa paie une contribution de 42,000 réaux (moins de 11,000 francs). Quant à la Biscaye, la plus démocratique des trois, elle s’est de tout temps affranchie de cet ancien tribut, dont le nom rappelle une idée de vassalité et de servage. Elle ne doit rien à l’Espagne ; mais elle lui fait quelquefois des dons volontaires (donativos), dont la quotité varie suivant les besoins du roi, qui sollicite, et la générosité de la province, qui accorde.

Source : La Navarre et les Provinces basques, par Louis Viardot. Publié dans la Revue des Deux Mondes T.8, 1836.